Les sciences humaines bien représentées dans les nouveaux services d’édition

L’émergence des services d’édition dans les bibliothèques de recherche tel est le résultat saillant du rapport « Research Library Publishing Services: New Options for University Publishing » de l’Association of Research Libraries (ARL) représentant les bibliothèques de recherche nord-américaines (Canada, Etats-Unis).

L’enquête de l’ARL réalisée à la fin de l’année 2007 auprès de ses 123 membres (65% de taux de participation) confirme le développement rapide des services d’édition dans les bibliothèques de recherche : presque la moitié des bibliothèques (44%) déclarent en posséder, 21% prévoient d’en mettre en place et seulement 36% n’ont pas d’activité dans ce domaine.

Des interviews de gestionnaires de programmes d’édition de 10 bibliothèques sélectionnées parmi celles ayant répondu à l’enquête, ont permis d’approfondir certains points.

Les sciences humaines sont particulièrement concernées puisque qu’elles dominent, en nombre de titres publiés par ces services d’édition, au regard des autres domaines scientifiques. Les disciplines les plus fréquentes sont l’histoire et l’anglais.

On peut s’expliquer cette prépondérance des sciences humaines si l’on sait que la demande de services d’édition émane des éditeurs (presses universitaires) et des auteurs et que beaucoup de bibliothèques rapportent leur collaboration privilégiée avec les chercheurs de sciences humaines. Celles-ci manifestent aussi leur intérêt pour les sciences sociales.

Des autres constats de l’étude, il ressort :

– la production importante de formats numériques : les publications sont majoritairement sous forme électronique, souvent en accès libre, dont 88% de revues, 79% d’actes de colloques et 71% de monographies. Celles-ci sont essentiellement revues par les pairs.

– l’utilisation de logiciels «open source» (Open Journal Systems, D-Pubs, DSpace…), et d’offres commerciales (Digital Commons de Bepress…)

– la mise en place de services connexes et innovants : l’impression à la demande (source de revenu), des systèmes de gestion des manuscrits appréciés par les éditeurs de revues, attribution d’une URL permanente, open URL…

– la variété des financements dont au moins 2 d’origine différente, la recherche de fonds de nature variée en supplément du budget de base de la bibliothèque (bénéfices tirés des revues imprimées avec abonnement, subventions…), grâce à une stratégie de partenariats multiples et la capacité à les mobiliser en les combinant lors du lancement d’un service d’édition.

– la co-intégration à des programmes comprenant d’autres projets (numérisation…)

Ainsi, l’approche de ces bibliothèques, plutôt qu’idéologique, est pragmatique. Selon l’ARL, elle vise à combler les lacunes des systèmes d’édition classiques et à identifier les possibilités de création de services à la fois, répondant à des besoins manifestes et de faible coût grâce à une conception de publication simple, l’utilisation de logiciels libres et un travail en partie assuré par des chercheurs bénévoles. Elle intègre l’accès libre mais l’accès réservé sous abonnement n’est pas écarté en tant que source de revenu.