Le profil des infrastructures européennes de SHS

L’enquête menée en 2006/2007 par la Commission Européenne, la Fondation Européenne pour la Science (ESF) et European Heads of Research Councils (EUROHORC) a identifié et comparé les infrastructures de recherche (IR) de 9 domaines scientifiques, dont les sciences humaines et sociales. Elle a servi de base à la création du portail sur les IR européennes présenté dans un précédent billet.

Elle a identifié et comparé les IR de 9 domaines scientifiques, dont les sciences humaines et sociales.

Elle a donc analysé  les différentes caractéristiques des infrastructures de sciences humaines et sociales (listées en annexe 5), entre autres: le type, l’âge et la modernisation, les sources de financement, les coûts de construction et de fonctionnement, le nombre d’usagers (permanents, à distance, étrangers, industriels.

– Sur l’ensemble des infrastructures répertoriées, soit 598 au total, 64 (11%) concernent les sciences humaines et 34 (6%), les sciences sociales. Notons que ce sont les IR de sciences de l’environnement, de la terre et la mer, intégrant une partie de sciences sociales, au nombre de 144 (24%), qui dominent.

– En outre, le rapport précise, qu’en sciences humaines, l’enquête n’a retenu qu’une part limitée de la longue liste d’IR recueillie et estime que la liste actuelle ne représente qu’une première étape. Il encourage les suggestions d’ajoût et de mise à jour de ce début d’inventaire. Toutefois, l’ensemble des catégories de sciences humaines peut lui-même être considéré comme une liste de base.

– Il souligne également la nouveauté du concept d’infrastructures en SHS et la réflexion du comité en sciences humaines de la Fondation Européenne pour la Science autour du développement transnational.

Voici quelques caractéristiques des infrastructures en SHS extraites du rapport:

– Parmi les 3 types d’IR identifiés (sur un seul site, distribuées et numériques), les IR numériques sont bien représentées en sciences sociales (41%) et en sciences humaines (25%) par rapport à la moyenne générale (13%); ce qui s’explique par les créations récentes intégrant les nouvelles technologies.

– En sciences humaines, on peut distinguer un profil d’IR mixte:

  • des IR anciennes dont les coût de construction sont élevés et qui pèsent lourd dans le coût de construction global (73 millions d’euros), plus important que la moyenne générale (60 millions d’euros) et dont la plupart des usagers sont permanents
  • des IR numériques jeunes à faible investissement initial dont la majorité des usagers sont distants

– En sciences sociales :

  • des IR numériques jeunes dont le coût de construction est faible (22 millions d’euros), le plus bas de tous les domaines et 3 fois moins que la moyenne générale et dont les usagers sont surtout distants.

– Pour les 2 domaines:

  • le financement est majoritairement public et national; la part des soutiens internationaux est faible
  • l’utilisation des IR par les étrangers (des pays autres que celui de l’IR) est moindre que dans les autres domaines; ce qui, comme il est souligné dans le rapport, n’est pas étonnant, étant donné la tradition de recherche nationale dans les 2 domaines. Il existe un petit nombre d’industriels utilisateurs d’IR en sciences sociales et encore moins en sciences humaines.