L’ANU E Press, un modèle de presse électronique

Dans le paysage des presses universitaires australiennes l’ANU E Press est représentative d’un courant d’évolution vers le numérique.

A l’instar de celles de Sydney et Monash, elle s’est tournée vers l’édition électronique. D’autres comme celle de Melbourne combinent les revues imprimées et les livres électroniques. D’autres encore (New South Wales, Western Australia et Queensland) ont évolué vers un modèle d’édition commerciale.

La presse électronique a été créée en 2003 par l’ANU, l’université nationale australienne, qui lui a accordé un financement de départ de 1,2 millions de $ australiens pendant 3 ans. Elle fait partie intégrante de l’infrastructure de communication scientifique de l’université, ce qui fait sa force par rapport à d’autres presses qui s’en trouvent isolées.

Son financement est d’environ 250 000 $ australiens par an au sein du budget du département Information de l’ANU qui comprend la bibliothèque, les infrastructures numériques, le calcul haute performance et l’administration. La part de la presse électronique représente un coût assez minime par rapport au budget total qui se compte en dizaines de millions de dollars.

Elle diffuse en accès libre un ensemble de publications : monographies téléchargeables gratuitement ainsi que revues, compte-rendus de congrès (46 titres en 2007), majoritairement de SHS : arts, sciences humaines et sociales, études sur l’Asie et le Pacifique, économie et droit. Comme la presse universitaire de Sydney, elle propose l’édition imprimée sur demande.

La presse fonctionne selon un modèle distribué composé de 20 comités éditoriaux assurant toutes les étapes du processus éditorial (soumissions, revues par les pairs et édition). Un service central comprend les services électroniques, l’impression à la demande et le marketing.

Les statistiques de téléchargement (PDF et HTML) des titres, au nombre de 1,25 million de janvier à novembre 2007, dénotent le succès de leur accès en ligne. Les pays principaux d’où sont effectués les téléchargements sont, sans surprise, les pays anglophones (Australie, USA, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni), la France venant en 8ème position. Sur la même période, 2400 impressions à la demande ont été vendues.