Le lancement d’Europeana

Europeana lancée hier, comme l’indique ce communiqué de presse, donne accès à plus de 2 millions de documents culturels numérisés (livres, peintures, photographies, musique, films…) consultables gratuitement en 21 langues et issus de 27 pays de l’Union européenne, ce qui représente 1% du fonds européen.

La bibliothèque numérique européenne, initiée en 2005, est conçue comme une riposte à la numérisation massive entreprise en 2004 par Google, qui compte actuellement 7 millions de livres.

Fruit de la collaboration entre les bibliothèques nationales et plus de 1000 institutions culturelles des états membres, elle est encore loin d’avoir atteint son objectif puisque elle souhaite rassembler 10 millions de documents numérisés en 2010. Encore en prototype, la version 1.0 d’Europeana est en cours de développement.

La France est le 1er pays contributeur (52% du fonds constitué par les archives de la BnF, de l’INA et autres), loin devant la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Espagne. De nombreux pays ont une participation minime (18 pays possèdent une proportion de documents numérisés égale ou inférieure à 1%).

La commission européenne va débloquer 120 millions d’euros pour les 2 années à venir apportés par le 7ème PCRD (près de 70 millions d’euros) et son programme « compétitivité et innovation » (50 millions d’euros), une somme qui va permettre d’améliorer les techniques de numérisation. Elle souhaite aussi consacrer 40 millions au développement d’outils de traduction multilingues.

Par ailleurs, le programme E-ContentPlus continue son soutien, de 2009 à 2011, à hauteur de 80% du budget des états membres (2 millions d’euros par an). Ces derniers doivent prendre en charge les frais de numérisation et, par conséquent, trouver des partenaires publics ou privés (en France, 8 millions d’euros ont été attribués par le Centre National du Livre).

Parmi ses prochaines priorités, la commission européenne souhaite qu’Europeana, qui offre jusqu’à maintenant des documents libres de droit, propose de plus en plus de contenus récents sous droits et, par conséquent, engage des collaborations avec les éditeurs ou mettent en place des licences d’ayants droits. Elle souligne aussi le cas particulier des oeuvres orphelines.