L’ARL veut développer les services de dépôts numériques

Le groupe de travail de l’Association of Research Libraries (ARL), créé en 2008 pour étudier la croissance des dépôts numériques, a publié son rapport final en janvier 2009.

Ce rapport intitulé « Le rôle de la bibliothèque de recherche dans les services de dépôts numériques» examine, au travers d’exemples, les principaux problèmes liés au développement de ces dépôts et préconise des stratégies à mettre en oeuvre par l’ARL et les bibliothèques membres.

Il exhorte les bibliothèques de recherche à considérer les services associés aux dépôts numériques comme une priorité stratégique, même en période de ralentissement économique.

Il demande aux bibliothèques de contribuer au développement de ces services, estimant qu’il n’est pas possible d’en faire l’impasse en raison de l’avantage substantiel d’un meilleur accès aux dépôts dans la conduite d’une recherche de pointe. Il souligne que celles-ci ont des atouts pour inciter les chercheurs à s’y impliquer ainsi que pour mobiliser les ressources et expérimenter de nouveaux modèles.

Le rapport précise quels peuvent être les services fournis par les bibliothèques de recherche (destinés aux auteurs, aux contributeurs ou aux usagers): l’archivage à long terme et la migration de contenu, la gestion de l’accès et de la diffusion, la gestion des métadonnées, les outils de recherche, l’édition, l’extraction de données…

Il met l’accent sur l’importance de l’équilibre des 3 éléments, contenu, contexte et accès, dans la construction des dépôts (les dépôts institutionnels ont tendance à négliger le contenu au profit de l’accès alors que les dépôts issus de programmes de numérisation se concentrent sur le contenu et sont en but à des problèmes contextuels)

Les points-clés identifiés comprennent la mise en place de nouvelles formes de services autour d’un contenu ancien (préprints…) et récent (multimédia…) telles que les cours en accès libre du MIT (services inter-dépôts incluant les fonctionnalités du web 2.0, « mash-ups », API, protocole OAI…) l’intégration dans un environnement en réseau plus large, l’adéquation à la demande et la viabilité.

Le rapport dégage les recommandations suivantes :

– construire de nouveaux partenariats tant au sein des institutions qu’entre institutions (exemples d’Hathi Trust et de « Scholars’portal », le portail des universitaires de l’Ontario)

– mettre en place de services «maison» fondés sur les besoins locaux, plutôt que de reproduire ceux déjà réalisés et les équilibrer avec les services commerciaux (exemples d’ArXiv de la bibliothèque universitaire Cornell, du service de dépôt numérique d’Harvard, d’E-scholarship de la bibliothèque numérique de Californie et de ContentDM, le logiciel de gestion de l’OCLC)

– encourager l’engagement institutionnel au regard des politiques nationales et internationales.

– développer des stratégies marketing qui aident les «pionniers» des dépôts à se relier au système de services de dépôt qui est en train de se développer

– définir un champ de responsabilité pour orienter le développement de services de dépôts destinés à diverses formes de contenu

Il dresse aussi un ensemble de directions à court terme déterminées à partir de discussions sur l’environnement numérique d’ici 2015 (usagers, technologie, politique, collections et services de bibliothèques) sur lesquelles s’appuyer pour planifier les actions à venir.