Décalage entre perceptions des auteurs et pratiques des éditeurs

Le Consortium de recherche sur l’édition (PRC) (Grande-Bretagne) vient de publier un rapport sur les « droits d’auteur des revues: perceptions et réalité ».

Ce rapport explore les perceptions des auteurs sur ce qu’ils veulent faire des différentes versions de leur manuscrit et ce qu’ils pensent qu’il leur est permis de faire puis compare avec ce que les éditeurs les autorisent à faire. Il vise aussi à déterminer dans quelle mesure les auteurs croient que la loi du copyright les protège de la réutilisation de leurs articles.

Il s’appuie sur l’analyse d’un rapport récent commandité par l’Association of Learned and Professional Society Publishers (ALPSP) sur les pratiques d’édition scientifique qui a interrogé 181 éditeurs  ainsi que sur une nouvelle étude, réalisée en octobre 2008 par le biais d’un questionnaire en ligne adressé aux auteurs (1,163 réponses ont été reçues). Les résultats sont comparés avec ceux d’autres études sur les auteurs et les éditeurs.

Globalement, il ressort que les accords des éditeurs donnent plus de liberté aux auteurs que ces derniers ne pensent sauf concernant l’autoarchivage. Les résultats indiquent que les auteurs sous-estiment ce qu’il leur est permis de faire avec les pré-publications et versions finales publiées mais surestiment leurs droits quant au dépôt de ces dernières.

La majorité des accords des éditeurs permet aux auteurs de fournir des copies de leur manuscrit aux collègues, de les inclure dans leurs propres travaux, de les poster sur un site web personnel ou du département, de les déposer dans une archive ouverte et de les utiliser dans des cours.

Bien qu’il n’y ait pas de différences très marquées entre disciplines, les réponses des auteurs de SHS sur leurs droits sont en deçà de celles des autres disciplines de sciences exactes, excepté concernant le droit de fournir des copies aux collègues, ce qui dénote des particularités dans la communication et l’enseignement et l’absence d’une archive institutionnelle/disciplinaire bien établie.

En conclusion, le rapport souligne que les chercheurs ont une mauvaise compréhension des politiques de copyright des éditeurs, en particulier de l’autoarchivage. Il appelle les éditeurs à s’adresser aux auteurs en termes plus clairs. Les éditeurs devraient notamment expliquer les risques que représente pour eux la diffusion en libre accès de la version finale publiée. Il recommande d’utiliser la terminologie NISO plutôt que les termes preprint et postprint, souvent sources de confusion.