Financement de l’édition de revues en accès libre en SH

Cet article (1) discute du financement des revues en accès libre en sciences humaines, le principal obstacle évoqué pour réaliser la voie de l’accès libre aux revues (gold road).

L’auteur de l’article, un des fondateurs d’Open Humanities Press (OHP) illustre son analyse par des exemples concrets de revues éditées par cette nouvelle presse, laquelle diffuse en accès libre des revues établies dans le domaine de la théorie critique contemporaine.

Il écarte la voie de l’autoarchivage (green road) en sciences humaines comme une option viable dans l’immédiat en raison d’une méfiance encore grande des humanistes à l’égard des ressources électroniques et de la valeur accordée à la version éditeur d’un article comme publication officielle par rapport aux post et pre-prints.

Il s’agit, selon l’auteur, de trouver un modèle économique d’édition en libre accès sans charge pour les auteurs. Il considère que le modèle d’accès libre à la charge de l’auteur instauré par les sciences exactes (BioMedCentral et PLoS) ne peut réussir en SH pour des raisons à la fois pratiques et culturelles: d’abord et avant tout, en raison du financement moindre des chercheurs en SH pour leurs recherches et ensuite de leur réticence à payer pour publier leurs articles.

L’auteur examine 3 revues, de philosophie (Cosmos and History, 2005), d’études culturelles, (Culture machine,1999) et de psychoanalyse (S, 2008) éditées par OHP.

Ces 3 revues en accès libre sans frais pour les auteurs présentent des caractéristiques communes : un budget de lancement minime couvrant en général l’hébergement de la revue sur Internet. Pour 2 d’entre elles, la conception graphique est réalisée à titre gratuit et à l’aide de logiciels libres  et toutes les étapes de publication sont réalisées gracieusement sans contrepartie financière par les éditeurs et les chercheurs membres du comité de lecture, qui considèrent ces activités comme un service à la profession. La revue Cosmos and History n’est officiellement affiliée à aucune institution.

L’auteur souligne le travail désintéressé accompli par les éditeurs et les chercheurs et donc l’importance du volontariat dans l’édition en SH, qu’elle soit en accès libre ou non. Selon lui, l’édition en accès libre sans frais est la norme en sciences humaines par le fait que les chercheurs, souvent habitués à fournir du travail non rétribué, s’adaptent tout naturellement à ce modèle d’accès libre.

D’après l’auteur, les problèmes les plus pressants de l’accès libre en SH sont:

  • l’insuffisance de l’ergonomie, du graphisme à cause du peu d’expérience technique des éditeurs, la mise en place de normes d’accès ouvert pour accroître la visibilité
  • l’intégration insuffisante dans les index de référence des revues
  • l’instabilité du contenu des revues résolue par l’attribution d’URLs permanentes
  • le manque d’affiliation à une presse reconnue et respectée qui supervise ces problèmes

L’auteur souhaite qu’OHP soit la démonstration tangible que l’accès libre peut posséder les mêmes standards professionnels que l’imprimé.et qu’il devienne une pratique courante de l’édition en sciences humaines.

(1) JOTTKANDT Sigi, No-fee OA Journals in the Humanities, Three Case Studies: A Presentation by Open Humanities Press, Berlin 5 Open Access: From Practice to Impact: Consequences of Knowledge Dissemination,Padua, Italy, [en ligne] 19-21 September, 2008.p.1-5 [consulté le 19/10/2011] <http://eprints.rclis.org/handle/10760/13121#.Tp7lT7JC2TY>