Rapport sur l’économie des revues SHS

Le rapport « The Future of Scholarly Journals Publishing Among Social Science and Humanities Associations », réalisé par Mary Waltham et commandité par la National Humanities Alliance (NHA) explore l’économie de revues de SHS.

Il constitue un préambule à une meilleure compréhension des modèles économiques des éditeurs/sociétés savantes de SHS. Elle apporte une réflexion sur la façon dont ces éditeurs peuvent évoluer vers l’accès libre sur une base économiquement viable, la plupart fonctionnant selon des modèles traditionnels (abonnement). Elle met en évidence des différences entre revues de SHS et STM du point de vue de la publication et des données économiques s’y rapportant.

Mary Waltham a collecté les données économiques de 8 revues phares de SHS et réalisé une analyse détaillée de leurs coûts, revenus et bénéfices sur une période de trois ans, de 2005 à 2007. Ces revues appartiennent à 8 sociétés savantes représentant un large éventail de disciplines : 4 en sciences humaines, (langues modernes, histoire, religion, anthropologie) et 4 en sciences sociales (économie, sociologie, politique, statistiques) (1). Certaines données de ces 8 revues sont comparées à celles de revues de STM examinées dans un rapport du JISC de 2005 qui utilise la même méthode d’analyse.

Elle rapporte que le coût d’édition moyen par article en 2007 de ces revues est de 9994 $, soit beaucoup plus élevé (presque 4 fois plus) que celui des revues de STM, de 2670 $.

Elle met en évidence plusieurs facteurs contribuant à cette différence, entre autres : des articles plus longs (19 pages pour les revues analysées contre 12 pages en STM) des rejets d’articles plus fréquents (11% d’articles acceptés contre 42% en STM). Les prix d’abonnement à ces revues sont beaucoup plus bas comparés à la plupart des revues STM en raison notamment du nombre d’articles moins important par revue. Il apparaît aussi que la partie électronique du coût d’édition de ces revues de SHS est relativement mineure.

Les résultats de l’étude ne vont pas dans le sens d’un modèle en accès libre (auteur/producteur payeur) financièrement viable, considéré comme irréaliste pour ces revues. Il est difficile d’identifier les sources de financement requises pour un tel modèle.

En conclusion, l’étude soulève des questions qu’une autre investigation plus complète (multi-titres, multi-éditeurs comprenant des associations et sociétés savantes de SHS de toutes tailles) peut élucider, entre autres :

Concernant les solutions d’accès libre, elle discute de nombreux points et les illustre d’exemples (financement de l’accès libre par les agences nationales au Royaume-Uni, les préconisations de période d’embargo d’auto archivage des articles, l’objectif du projet PEER…)

  • le modèle d’accès libre (gold access) est-il viable pour un sous-ensemble d’éditeurs de SHS existants ?
  • quelle serait la source de financement de ce modèle pour les revues SHS ?
  • y a-t-il des modèles d’accès libre autres que le «gold access» pour des revues SHS ?
  • si les articles de SHS sont intégrés dans des archives ouvertes (green access) quelle pourrait être la période d’embargo ?
  • les coûts, revenus et bénéfices observés dans cette étude sont-ils caractéristiques des sociétés savantes ?
  • en quoi les revues de SHS diffèrent de celles de STM ?