La situation de l’accès libre au Portugal

Ce rapport décrit la situation actuelle de l’édition scientifique en accès libre au Portugal. Il présente le contexte et l’évolution des initiatives d’accès libre depuis 6 ans puis dresse un panorama des archives ouvertes et des revues en accès libre.

– le contexte:

Il n’y a pas de tradition forte d’édition des revues académiques au Portugal. Le nombre de publications scientifiques portugaises, particulièrement les revues, était encore très bas, il y a peu (7886 publications en 2006 dont 4% du domaine des SHS). Si l’on tient compte des critères de périodicité et d’examen par les pairs, le nombre de revues portugaises publiées au cours des 20 dernières années est de moins de 100.

En 2004, la création du consortium B-on, Online Knowledge Library, a beaucoup amélioré l’accès aux revues dans les bibliothèques, qui était jusqu’alors très insuffisant. Il apparaît clairement que l’accès libre s’est développé dans le pays grâce aux archives ouvertes (green OA) et dans une moindre mesure grâce aux revues en accès libre (gold OA).

– les revues en accès libre:

La plupart des revues est encore publiée sous forme imprimée et par conséquent le nombre de revues en ligne est faible, selon le répertoire des périodiques d’Ulrich (60 sur 203) ainsi que celui des revues en accès libre (31 sur 203). Le DOAJ enregistre 33 revues scientifiques en accès libre au Portugal dont 27 de SHS. Scielo Portugal héberge actuellement 27 revues en accès libre publiées par des éditeurs portugais dont 16 en SHS.

On constate que la grande majorité des revues (dont en accès libre) concerne les SHS. Alors que, dans différents domaines des SHS, les périodiques et les actes de colloque portugais sont le principal canal de diffusion de la recherche, la plupart des travaux de STM (et certaines disciplines de sciences sociales comme l’économie) est publié dans des revues internationales. En outre, dans presque tous les domaines (SHS et STM), il y a une tendance croissante à l’internationalisation de la recherche.

– les archives ouvertes :

RepositóriUM, la première archive ouverte a été lancée par l’université de Minho en 2003, puis a été créée SciELO, en 2005 et le portail donnant accès aux collections de revues portugaises, .

Le mouvement de création d’archives ouvertes s’est accéléré au cours de ces dernières années. Depuis 2007, plusieurs archives institutionnelles ont été créées dans le pays. Après la déclaration de la Conference des Recteurs des Universités Portugaises (CRUP) en novembre 2006 et la formation du groupe de travail « accès libre » de la CRUP, presque toutes les universités portugaises ont créé ou sont en train de créer leur propre archive. Cependant, leur développement est très divers selon les universités et le % des résultats des recherches archivé est encore bas (moins de 10%).

En mars 2008, est né  Repositório Científico de Acesso Aberto de Portugal (RCAAP) , au coeur de la politique d’accès libre au Portugal. Ce projet national, vise à construire un agrégateur des archives ouvertes portugaises.  Sa 1ère phase, de juillet à décembre 2008, a permis de développer le portail, le site du projet et le service permettant aux universités de créer leur «marque». La seconde phase de RCAAP va se dérouler de février à décembre 2009.

Avant le projet RCAAP, 11 archives en phase de production ou d’installation étaient connues. Depuis la 1ère phase, 5 autres archives ont été créées. Ainsi, 16 archives ouvertes étaient au stade de la production et collectaient ensemble 25000 documents en juin 2009 lors de l’écriture du rapport. Le logiciel le plus utilisé est DSpace suivi par Digitool.

Les archives considérées comme des succès ont mis en place une politique d’autoarchivage d’incitation au dépôt des publications (RepositóriUM de l’université Minho ainsi que celles de Coimbra et Porto).

Le rapport conclut que l’axe de développement de l’accès libre reste les archives ouvertes et l’autoarchivage. Il émet plusieurs recommandations qui s’inscrivent dans le cadre du projet RCAAP.