Rapport final de l’observatoire du JISC

Le rapport final de l’observatoire des livres électroniques du Joint Information Systems Committee (JISC) a été publié récemment.

Le projet national, d’une durée de 2 ans, s’est intéressé au potentiel des manuels électroniques dans l’enseignement supérieur. Disposant d’un budget de 690 000 livres sterling pour faire leur acquisition, il a diffusé 36 manuels électroniques de 4 domaines disciplinaires dont 2 des SHS (économie-gestion, étude des médias) en accès illimité auprès d’un million d’étudiants issus de 127 universités.

Le projet a tenté de répondre à la fois aux attentes des bibliothèques, insatisfaites des modèles économiques et des contenus actuellement proposés, et aux craintes des éditeurs partenaires, qui redoutent une baisse consécutive des ventes de manuels imprimés.

Au cours de l’année 2008, le JISC a observé très finement la manière dont les étudiants – et dans une moindre mesure, les enseignants-chercheurs – utilisent ces livres électroniques, à travers des questionnaires (52 000 réponses au total de toutes les régions du pays), et un dispositif d’évaluation basé sur l’analyse des logs (CIBER).

Les résultats présentés dans le rapport ont pour but d’indiquer aux éditeurs et bibliothèques partenaires des modèles économiques et de diffusion appropriés. Nous en relevons les principaux:

  • les livres électroniques font partie de l’environnement académique (65% d’étudiants et d’enseignants les utilisent)
  • les bibliothèques jouent un rôle important dans le marché des livres électroniques (plus de la moitié de leurs usagers déclarent que leur dernier livre électronique provient d’une bibliothèque universitaire) mais leurs outils marketing sont insuffisants
  • les manuels électroniques ne sont pas lus en continu mais parcourus rapidement afin d’en extraire des informations
  • les plates-formes de fournisseurs de livres électroniques ne sont pas centrées usager
  • l’intérêt des livres électroniques varie avec la discipline, les plus utilisés étant les ouvrages d’économie
  • le marché des livres électroniques est perçu comme étant trop complexe, les modèles économiques inappropriés et les prix trop élevés
  • l’accès libre aux livres électroniques n’a pas d’impact sur les ventes de livres imprimés, ce qui confirme la complémentarité des 2 supports
  • l’identification d’un groupe de super-usagers des livres électroniques