OAPEN explore l’avenir des monographies en accès libre

Ce rapport publié par Open Access Publishing in European Networks (OAPEN) analyse les pratiques et attentes des différents acteurs concernés par la production et la diffusion des monographies électroniques.

L’étude repose sur une enquête en ligne conduite en mai-juin 2009 auprès de 250 chercheurs en SHS (taux de réponse complète de 88,6%) ainsi que sur des interviews et tables rondes réunissant une quarantaine d’experts. Elle s’est orientée vers 2 axes: l’influence de la numérisation sur l’édition de monographies et les attentes de différents groupes d’usagers concernant un modèle d’édition de monographie en libre accès.

Le rapport souligne qu’environ 30% des chercheurs ne sont pas encore familiers de l’édition en libre accès mais la plupart d’entre eux reconnaissent de plus en plus ses avantages, principalement une plus grande visibilité des résultats scientifiques et la possibilité aux universités et autres organismes de financement de s’impliquer dans des projets avec les bibliothèques et les éditeurs. Les bibliothèques, qui ont déjà développé des services numériques, possèdent une position privilégiée pour introduire à grande échelle les monographies électroniques. A long terme, ils sont confiants dans le rôle central qu’ils peuvent y jouer.

Il identifie 2 problématiques communes aux différents groupes de participants quant au développement des monographies électroniques en libre accès:

– les perceptions négatives de la qualité scientifique du contenu libre en libre accès et des monographies électroniques: celles-ci ne sont pas considérées comme un atout pour l’avancée de la carrière d’un chercheur et le financement de ses travaux. On note aussi beaucoup de résistance concernant l’évaluation de l’édition électronique.

– des inquiétudes concernent la viabilité financière des modèles économiques en libre accès. Toutefois, les restrictions qui sont apparues dans cette étude ont contribué à formuler les caractéristiques du modèle souhaité : accès en ligne large et perpétuel à un contenu fiable, combinée à l’impression à la demande des monographies et à un examen par les pairs pour assurer la qualité scientifique, l’évaluation des chercheurs et le financement futur des publications.

Le rapport indique l’émergence de nouveaux acteurs et le mouvement actuel de «désintermédiation». Il souligne néanmoins que le dispositif numérique de demain continuera de se concentrer sur les questions clés de service, qualité, recherche et accessibilité. Il préconise que les plates-formes d’édition investissent dans l’évaluation de la qualité et développent une identité de marques fortes d’éditeurs pour fournir des repères fiables et gagner la confiance des auteurs, lecteurs, bibliothèques et agences de financement.

Il conclut que, malgré toutes les incertitudes émises par les différents acteurs, il est essentiel que le secteur de l’édition académique continue à expérimenter de nouveaux modèles et de nouvelles pratiques sur une base flexible afin de sauvegarder les avantages de la monographie dont le modèle imprimé n’est plus viable.