Critères d’évaluation et sciences humaines en Grande-Bretagne

Le Conseil de financement de l’enseignement supérieur britannique (HEFCE) a rendu public en février 2010 un rapport “The Research Excellence Framework: Second Consultation on the Assessment and Funding of Research” sur le nouveau dispositif d’évaluation des universités qui en redéfinit les principes du financement.

Un billet analyse, critique, analyse et remet en perspective par rapport au contexte politique national ce système d’évaluation. Plus spécifiquement, un autre article du Timesonline s’inquiète de son effet potentiellement désastreux sur les sciences humaines en raison de son approche utilitaire de la recherche qui «confond impact et bénéfice» et pour laquelle «la recherche assortie de marketing est une meilleure recherche».

En voici les principaux fondements:

Le Research Excellence Framework (REF) a remplacé l’ancien Research Assessment Exercises (RAE) qui a fonctionné pendant plus de deux décennies. En but à des critiques, le gouvernement britannique a décidé de déterminer une nouvelle façon de répartir les financements:

Les départements universitaires seront évalués sur une échelle de 5 points, selon 3 critères :

  • « outputs« : c’est l’excellence de la recherche, dont l’évaluation sera réalisée par les pairs ou experts, lesquels seront guidés par une série d’indicateurs, encore à définir. Ce critère représente 60% de la note.
  • « impact » : cet élément nouveau recouvre les effets de la recherche sur l’économie, la société, les politiques publiques, la culture, la qualité de la vie. Il ne représente ni l’influence intellectuelle sur les travaux d’autres chercheurs, ni l’influence sur le contenu de l’enseignement. Il sera apprécié selon une méthode par étude de cas testée dans une étape pilote». C’est 25% de la note.
  • « environment« :  le soutien apporté par l’université, les laboratoires, les entreprises, les bibliothèques, etc… qui influe sur le travail de recherche. Il représente 15% de la note.

L’auteur de l’article cité plus haut de « London Review of Books » s’alarme de ce que 25% de l’évaluation de la recherche dépende d’une grandeur aussi mal définie que le critère d’impact, d’autant que celui-ci sera évalué principalement par une communauté d’usagers et sur une période de 4 ans. On peut aussi s’interroger sur la difficulté d’appréhender et donc d’évaluer la notion d’environnement de recherche qui fait que le même chercheur sera plus ou moins bon à un endroit qu’à un autre.

Une étude pilote pour tester et développer l’approche proposée pour le REF est en cours et devrait être terminée à l’automne 2010.