L’accès libre en Italie

Un rapport (décembre 2009) dresse un panorama de l’accès libre en Italie : les archives institutionnelles et disciplinaires (contenu, logiciel, politique d’autoarchivage), les infrastructures et services, les revues et les monographies.

Il souligne l’approche ascendante de l’accès libre dans le pays et l’absence d’une stratégie nationale. Les bibliothécaires et les chercheurs ont mis en place des archives, développé des outils, planifié des projets, sans financement national spécifique. Un wiki sur le libre accès a été lancé en avril 2008.

L’Italie compte 55 archives institutionnelles dont 37 sont universitaires. Concernant les archives disciplinaires, E-LIS sur les sciences de l’information, avec 10 000 documents à son actif, est hébergée à Milan, un des 2 centres de calcul haute performance italien. Pour la plupart des universités du pays, l’édition électronique n’est pas centralisée. Le projet District Architecture for Network Editions (DAFNE) visant à développer une infrastructure nationale d’édition électronique, mené par des universités et terminé en 2002, est en test.

Des infrastructures et services ont été développés par les 2 centres de calcul haute performance italiens, CILEA à Milan et CASPUR à Rome, dans le cadre du projet commun Advanced e-Publishing Infrastructures/AEPIC – CILEA}) : le portail Portal for Italian Electronic Scholarly Literature in Institutional Archives (PLEIADI), lancé à la conférence de Messine (2004) fournit un accès central aux archives ouvertes italiennes. En 2007, CILEA a développé SURplus, une suite de modules de logiciels interopérable pour collecter et organiser les données de recherche des institutions.

Sur les 99 revues en accès libre actives répertoriées, les revues de SHS en constituent plus la moitié (52 dont 41 en sciences humaines et 11 en sciences sociales). L’importance des revues en accès libre dans les sciences humaines n’est pas surprenante, selon les auteurs du rapport. Elle s’explique par le choix plus facile de l’accès libre pour les universités, les frais étant couverts par les fonds publics. Par ailleurs, le modèle d’accès libre est très attrayant pour les chercheurs en sciences humaines car il offre une plus large diffusion et favorise l’internationalisation de leurs résultats.

Il est à noter le nombre de monographies en accès libre en légère hausse dans le pays. Les presses universitaires contribuent largement à cette tendance : la presse universitaire de Florence possède 80 titres en accès libre et en prévoit prochainement 40, ce, sur les 360 publiés. La presse universitaire de Pise a publié 11 titres en libre accès avec impression à la demande entre 2003 et 2008. L’archive UniTN Eprints de l’université de Trento contient 39 monographies en accès libre. ESE – Salento University Publishing de l’université de Lecce a publié 240 titres en accès libre à ce jour.

Un certain nombre d’éditeurs commerciaux expérimentent des modèles de monographies en accès libre associés ou non à l’impression à la demande (POD): Polimetrica, qui possède 53 titres en accès libre, a lancé un projet novateur « Libri Gratuiti in Ateneo/Free Books at your University ».