Où en est le projet DARIAH ?

Un interview de Peter Doorn, coordonnateur du projet d’infrastructure européenne en sciences humaines et sociales DARIAH, soutenu par l’Union européenne a été publié dans la revue Projects Magazine. Il donne un aperçu du projet, de ses objectifs, ses réalisations et ses difficultés.

Peter Doorn rappelle que le projet DARIAH a pour but d’explorer et mettre à disposition les nouvelles technologies afin que les chercheurs puissent se poser de nouvelles questions et que la compréhension de leur domaine soit améliorée. Il vise aussi de lier des ressources numériques distribuées de façon cohérente et accessible

Réunissant 14 partenaires de 10 pays et couvrant un large éventail de disciplines de SHS, DARIAH a une portée trop large pour travailler sur tous les types de données simultanément, précise Peter Doorn. Par conséquent, une phase préparatoire de 2 ans met en place des travaux détaillés qui donnent lieu à des projets de démonstration. Actuellement, 2 de ces projets sur l’archéologie et les études textuelles sont en cours. Un autre projet sur l’holocauste est en préparation avec la collecte des documents des principales archives sur ce sujet.

Peter Doorn souligne que la volonté de partager les données de recherche est très variable d’un pays à l’autre et aussi en fonction des disciplines. Des chercheurs sont culturellement méfiants, comme, par exemple, les archéologues, mais leur attitude tend à changer dès lors qu’ils s’aperçoivent que leur recherche peut être enrichie si elle est disponible aux autres chercheurs. Pour les encourager davantage, il s’agit donc de garantir la sécurité des données sensibles. Il existe aussi des usages transdisciplinaires même s’ils sont peu fréquents.

Intégrer les données au sein de l’infrastructure est un problème important en raison de leur quantité et de leur diversité. En raison de l’étendue géographique du projet, aucun pays n’a le même type de données.

Une partie du travail de DARIAH est de tenir compte des cadres juridiques de chaque pays et d’examiner les problèmes potentiels qui en découlent. Le modèle de licence développé par DARIAH est le plus ouvert possible mais impose néanmoins quelques restrictions.

Les partenaires jouent des rôles différents dans le projet DARIAH. Les Pays-Bas ont pour fonction l’archivage à long terme au sein de DANS, même si les pays participants auront une responsabilité dans la conservation des données qui sont appliquées à l’infrastructure.