Le sommet international de CenterNet

CenterNet a organisé son premier sommet international les 3 et 4 juillet au King’s College de Londres. Cet événement de premier plan manifeste une volonté de convergence dans le domaine des digital humanities.

Financé par la National Endowment of the Humanities (NEH), ce sommet avait pour but principal de faciliter la coopération internationale entre les centres de DH et les organismes de financement de l’Amérique du nord, de l’Angleterre, de l’Irlande, de l’Europe et de la région d’Asie Pacifique. Il a établi la situation de chacune de ces grandes régions.

Il s’agissait aussi de déterminer de quelle manière CenterNet peut fonctionner sans devenir une organisation centralisée lourde comme le note Geoffrey Rockwell dans un billet qui fait une synthèse de la manifestation.

CenterNet dispose maintenant de 2 alliances stratégiques, l’une avec CHAIN qui rassemble les grands projets d’infrastructures en sciences humaines et l’autre avec le Consortium des Centres et des Institutions de sciences humaines (CHCI) au travers un récent partenariat dont les 2 grands axes d’actions sont les disciplines numériques et les publics numériques.

Après une introduction sur l’historique et les missions de CenterNet, qui regroupe actuellement 220 membres, un résumé des activités de chaque région a été dressé. En voici les grandes lignes :

  • Région Asie-Pacifique (Australie, Chine, Japon, Taïwan) :
    leur stratégie est de trouver un socle commun intégrant la diversité culturelle pour développer une cyber-infrastructure, construire des archives numériques inter-culturelles à grande échelle, organiser des ateliers et conférences (2 sommets ont eu lieu et un conseil a été formé)
  • Europe:
    Elle se caractérise par des disciplines traditionnelles mais de nouvelles disciplines émergentes (étude des jeux et les nouveaux medias). Il existe des centres nationaux et des centres régionaux (au sein des pays) mais une moindre coordination pan-européenne. La feuille de route ESFRI (2006) fortement orientée sur l’e-science est évoquée avec 44 projets dont 5 en SHS (DARIAH, CLARIN et CESSDA sont cités).
  • Angleterre et Irlande:
    Network of Expert Centres (NEC), réseau de centres d’experts affilié à CenterNet. Financé par JISC et AHRC, NEC est en train de reconstruire arts-humanities.net et participe activement à DARIAH et CLARIN mais sa participation dépend de l’AHRC.
  • Canada et USA:
    Au Canada, le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (CRSH) finance la recherche et IL est sur le point de dévoiler une nouvelle architecture qui implique un partenariat international. La Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) finance la partie infrastructure. Aux Etats-Unis, le principal financeur est le NEH et Digging into Data est le dernier programme de digital humanities.

Quelques unes des conclusions: les agences de financement pourraient encourager les bonnes pratiques de préservation et promouvoir la collaboration internationale, les échanges d’étudiants et la formation. En revanche, elles ne sont pas d’accord pour financer les centres autant que les projets et les infrastructures. Les centres de digital humanities pourraient coopérer (partage d’étude de cas, accès aux ressources, stratégies de promotion, conseil…) et centraliser les projets et propositions. Ils pourraient, ainsi que les bibliothèques, être chargés de la «curation» des ressources numériques. CenterNet pourrait développer un registre d’expertise pour les financeurs.

Par ailleurs, Jon Orwant, un responsable de Google Books a parlé du soutien de Google aux digital humanities. Il a souligné l’importance pour Google de financer les développeurs d’outils. Il a évoqué une première approche consistant à identifier des sous-corpus que les chercheurs pourraient corriger et analyser. L’étape suivante pourrait être de laisser les chercheurs extraire les sous-corpus puis la dernière étape serait de trouver la manière de les laisser effectuer directement leur analyse sur le corpus Google.