Google va numériser les livres épuisés d’Hachette

Google et Hachette viennent de publier un accord portant sur la numérisation de 40.000 à 50.000 livres épuisés de littérature générale, universitaires et documentaires (70% du fonds de Hachette Livre).

L’accord de Google avec Hachette, le numéro un de l’édition française et numéro deux au niveau mondial, présente un caractère inédit puisqu’il a trait qu’à la numérisation des livres indisponibles à la commercialisation.

Pour cette même raison, il ne devrait avoir, sur le plan financier, qu’une portée limitée. Par ailleurs, le coeur des [{{conflits}}->article550] entre Google, les éditeurs, les auteurs et les bibliothèques concernent les livres disponibles numérisés illégalement par Google.

Selon les termes de l’accord, c’est Hachette qui décidera des livres que Google sera autorisé à numériser et contrôlera l’exploitation commerciale via Google Books et Google Editions (future plate-forme de vente d’e-books) sous diverses formes (livres électronique, impression à la demande..). L’éditeur recevra une copie des ouvrages numérisés.

Même si ces 40 000 à 50 000 livres représentent une part infime des 15 millions déjà numérisés de plus de 100 pays et dans plus de 400 langues, Google amorce une nouvelle stratégie et ne cache pas que ce protocole pourrait servir de cadre à de futurs accords avec d’autres éditeurs européens hors de France.

Au plan français on peut comprendre l’accueil mitigé qu’ont réservé les éditeurs et le ministère de la culture français à cet accord. Alors que lors du [{{procès de l’éditeur la Martinière}}->article578] contre Google, Hachette avait fait front commun avec le Syndicat National de l’Edition (SNE); il s’est finalement désolidarisé en cédant aux avances de Google mais s’en défend: {«ce n’est pas un quitus donné à Google pour son comportement passé, mais un cadre permettant de repartir sur de nouvelles bases, équitables, équilibrées et respectueuses de nos droits et de ceux de nos auteurs». Hachette va même jusqu’à encourager les autres éditeurs français à faire de même.

L’éditeur français – à l’instar, dans le monde des bibliothèques, de la bibliothèque municipale de Lyon – se démarque d’une certaine vision d’un service numérique national; 750 millions d’euros du grand emprunt permettraient de numériser 500 000 livres du 20e siècle sous droits actuellement indisponibles en version imprimée.