Chercheurs en SH et archives institutionnelles

Malgré le développement croissant des archives institutionnelles à travers le monde, les chercheurs y contribuent peu. Il s’avère que les besoins des  chercheurs en sciences humaines sont rarement considérés lors de leur mise en place.

D’où cette étude américaine présentée dans un article de Dlib-Magazine (1). Réalisée en 2008/2009 sous forme d’entretiens en face à face auprès de 13 enseignants-chercheurs au collège Darmouth (New Hampshire) aux Etats-Unis, elle a exploré leurs attentes et points de vue sur les archives institutionnelles.

Elle révèle l’expression d’un grand intérêt des chercheurs pour un éventail de services d’archives institutionnelles, résultat surprenant, étant donné leur contribution relativement faible à ces mêmes archives et la rareté avec laquelle ils manifestent leurs attentes concernant d’autres infrastructures numériques.

Les résultats plus détaillés indiquent :

  • Un plus grand usage et une plus grande satisfaction de cet usage dans les activités d’enseignement que dans la recherche.
  • Parmi les services d’archives institutionnelles mentionnés, figure en premier lieu la numérisation des publications, notamment les livres, ceux-ci n’existant pas nécessairement sous forme numérique.
  • Des desiderata concernant d’autres services sont évoqués: le stockage en ligne et la conservation, la connexion des archives entre elles, l’édition, le partage et le traitement de données, le travail collaboratif (annotation…), l’ajout de pages web mettant en valeur les travaux de recherche.
  • Des discussions portent sur les restrictions d’accès et la ré-utilisation des données. 

Ces résultats – concernant l’enseignement et la recherche – renforcent l’idée que le développement de services aux archives institutionnelles pourrait en accroitre l’usage par les chercheurs, ceux-ci étant très demandeurs.

Il apparait le besoin d’un système de reconnaissance en terme de promotion et de carrière, les projets numériques n’étant pas suffisamment valorisés dans le parcours professionnel en sciences humaines, selon certains chercheurs. Est aussi soulignée la question de la confiance, au centre des préoccupations.

« Si présentée en des termes qui font sens aux chercheurs en sciences humaines et conçue en ayant à l’esprit leurs besoins et leurs préoccupations, une archive institutionnelle peut être très profitable à l’enseignement, la connaissance, la coopération et l’édition« , telle est la conclusion de l’article.

(1)   Seaman David, Discovering the Information Needs of Humanists When Planning an Institutional Repository, D-Lib Magazine [en ligne] March/April 2011, Vol. 17, N°3/4 [consulté le 25/05/2011] <http://www.dlib.org/dlib/march11/seaman/03seaman.html>