Rapport de l’ESF sur les infrastructures en sciences humaines

Le rapport «Research Infrastructures in the Digital Humanities» de l’European Science Foundation (ESF) publié récemment, présente une analyse et un ensemble de recommandations sur les infrastructures de recherche pour les sciences humaines en Europe. 

S’adressant aux chercheurs en sciences humaines, aux professionnels de l’information, aux institutions et aux décideurs nationaux et internationaux, il a été rédigé sous la direction éditoriale de Claudine Moulin (centre de digital humanities de l’université de Trèves) et il rassemble les contributions de nombreux universitaires et experts en Europe. Le rapport et son résumé sont accessibles ici.

Le rapport est commenté ainsi par le professeur Zic-Fuchs, président du comité permanent pour les sciences humaines à l’ESF: «Les infrastructures numériques se développent rapidement mais de façon inégale, et il y a un besoin urgent de coordination, de normalisation et de partage d’expérience pour éviter les duplications inutiles et l’atomisation des bonnes initiatives. Cette publication identifie les besoins pressants et futurs en se concentrant sur ​​les développements et les initiatives actuels, avec l’objectif de poser des défis intellectuels plutôt que des questions essentiellement techniques ou de financement.»

Le rapport présente donc une réflexion sur le rôle central des infrastructures de recherche en sciences humaines : après en avoir proposé une définition large, il tente de relier les infrastructures physiques aux infrastructures numériques. En s’appuyant sur des études de cas nombreuses et variées, il démontre que les infrastructures numériques permettent aux chercheurs en sciences humaines des façons nouvelles et productives d’explorer d’anciennes questions et d’en formuler de nouvelles.

Le rapport se conclut sur le développement d’une stratégie commune pour les infrastructures en sciences humaines au niveau européen. Il identifie 7 domaines prioritaires et futures directions de recherche.

  1. l’état de l’art et les besoins: faire l’inventaire détaillé des activités de recherche actuelles et des besoins futurs, encourager les partenariats entre les communautés et les institutions, établir des écosystèmes où peuvent coexister et collaborer de multiples niveaux d’infrastructures de recherche, développer des programmes d’enseignement supérieur.
  2. Les infrastructures physiques et numériques: définir les défis et les solutions pour intégrer les infrastructures de recherche physiques et numériques et donc identifier les moyens pour lier les deux.
  3. Les orientations stratégiques: faciliter la recherche au-delà des intérêts mono-disciplinaires et la fertilisation croisée entre les sciences humaines et d’autres sciences, développer des infrastructures qui connectent les silos de données et de ressources de façon à faciliter l’interprétation, identifier et promouvoir les bonnes pratiques d’interopérabilité, d’usabilité et de conservation au sein et entre les frontières nationales, mettre l’accent sur la politique d’accès libre, la durabilité.
  4. Les partenariats et l’établissement de réseaux: établir des alliances productives entre les communautés et les institutions basées sur l’égalité, identifier les obstacles actuels entre les fournisseurs d’infrastructures (archivistes, bibliothécaires), encourager la participation du secteur privé, acquérir une dimension de réseau.
  5. La reconnaissance académique: évoluer vers une culture de la reconnaissance académique des travaux d’infrastructures, développer des outils et des équipes interdisciplinaires pour lesquels les compétences sont reconnues.
  6. Diffusion et sensibilisation: favoriser l’émergence d’une nouvelle culture qui va au-delà des cercles académiques établis, diffuser les résultats scientifiques, diffuser les modèles de bonnes pratiques de communautés.
  7. Evaluation des infrastructures de recherche: mettre en place des systèmes d’évaluation, estimer les avantages économiques et sociaux, les contributions interdisciplinaires, promouvoir une nouvelle génération de jeunes chercheurs capables de relever les défis discutés dans le rapport.

1 Commentaire

  1. Maignien Yannick

    Bonjour,
    Très bon rapport de l’European Science Foudation , dont il faut rappeler la localisation à Strasbourg (France). Notons dans ce rapport l’intervention du Dr Arianna Ciula (France), avec une importante contribution d’un auteur très parisien (Gudrun Gersmann du German Historical Institute, Paris).
    Bref, il serait intéressant à l’avenir que les institutions françaises rejoignent plus amplement l’Europe des Digital Humanities…

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